L’histoire a un petit goût amer. Avant d’enchaîner les explosions et les cascades avec Just Cause, le studio suédois Avalanche Studios bossait sur un projet bien plus ambitieux, mais qui n’a jamais vu le jour. Son nom : AionGuard. D’après Christofer Sundberg, co-fondateur du studio et actuellement en promo pour parler de Samson A Tyndalston Story, le jeu aurait clairement joué dans la même cour que Crimson Desert. Monde ouvert, fantasy, dragon, armée d'ennemis et bastons épiques… “On avait déjà tout ça dans les plans”, explique-t-il en gros. Sauf que contrairement au jeu de Pearl Abyss, AionGuard n’a jamais dépassé le stade de projet.
Sur le papier, ça donnait envie, puisqu'on jouait une sorte de chevalier-sorcier chargé de reprendre des territoires contrôlés par des camps adverses. Le gameplay tournait autour de la conquête : détruire des bases, couper des ressources, recruter des alliés, un peu dans l’esprit de ce que Just Cause 2 avait popularisé, mais version heroic-fantasy. Et le personnage principal n’était pas en reste car il pouvait monter des dragons, geler des monstres géants, se transformer en golem de 20 mètres, bref, du délire assumé. Le problème, comme souvent, c’est l’éditeur. Le projet était financé par une grosse boîte (jamais désignée par l'auteur officiellement, mais liée à Disney Interactive Studios selon plusieurs témoignages), qui a finalement changé de stratégie en cours de route pour prioriser leurs licences déjà existantes. Du coup, abandon du jeu, et les ambitions mises au placard, et visiblement, pas de façon très classe. “Ils ont rompu avec nous par SMS”, raconte Sundberg. Ambiance.
Avalanche récupère ensuite les droits et tente un move assez rare : annoncer le jeu publiquement sans éditeur, en espérant attirer des partenaires. Mauvaise pioche. Dans le jeu vidéo, afficher un projet sans backing solide, ça fait fuir plutôt que l’inverse. Résultat : toutes les portes se ferment, malgré un concept déjà bien avancé. AionGuard disparaît doucement, sans jamais vraiment faire de bruit. Et ce n’était que le début, car juste derrière, le studio a enchaîné avec un autre projet, Arcadia Rising, un open world steampunk dans un Londres alternatif. Là encore, ça sentait bon, jusqu’aux problèmes financiers de THQ, qui enterrent le jeu avant même qu’il décolle. On comprend mieux la pointe d'amertume, et on ne peut que le comprendre...
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