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Test également disponible sur : PC - PS5 - XBOX Series X

Test Pragmata : solide et efficace, quoiqu'un peu trop court et trop facile

Test Pragmata : solide et efficace, quoiqu'un peu trop court et trop facile
La Note
16 20
Avec Pragmata, Capcom signe une proposition audacieuse, bâtie autour d’un gameplay double particulièrement inventif, où l’action et le piratage cohabitent avec une tension bienvenue et assez exaltante. Cette idée de dualité entre Hugh et Diana constitue sans conteste la grande force du titre, donnant naissance à des affrontements nerveux et réellement stimulants lorsque la mécanique de hacking est parfaitement assimilée. Le jeu brille d’ailleurs dans ces moments de tension maîtrisée, où on se délecte à la fois de la mobilité incroyable de Hugh et la capacité à Diana de se déplacer dans cette grille de hacking que l’on comprend très rapidement. Capcom a eu raison d’insister sur le contraste des deux protagonistes, parce que c’est là que Pragmata est le plus intéressant. Cela dit, si l’originalité du gameplay est à saluer, Pragmata ne parvient pas à masquer certaines limites structurelles. La progression manque de renouvellement sur la durée, et la relative simplicité de l’ensemble finit par atténuer l’impact des bonnes idées. Les combats, aussi réussis soient-ils, reposent souvent sur une boucle qui s’essouffle progressivement, tandis que les boss, pourtant spectaculaires, manquent de vrai challenge. Pragmata est un jeu calibré pour le très grand public et il faudra attendre d’avoir terminé le jeu pour débloquer le mode de difficulté plus intense et le NewGame+ pour les joueurs les plus chrevonnés, mais encore faut-il avoir envie d’y retourner… Sur le plan narratif, le constat est là aussi mitigé. L’histoire entre Hugh et Diana est trop classique, sans réelle prise de risque, pour surprendre ou s’extasier. Malgré quelques moments de complicité réussis entre nos deux protagonistes, l’écriture reste globalement convenue, parfois maladroite, avec cette ambiance un peu mièvre qu’on avait pas anticipé. Cela dit, rien que pour le gameplay et les bonnes sensations, Pragmata est un jeu qui vaut le détour, même s’il se torche en moins de 10 heures… Au moins, vous voilà prévenus !

Les plus
  • Gameplay solide et très satisfaisant
  • Mélange réussi entre action et stratégie
  • Duo Hugh / Diana très complémentaire
  • Prise en main claire et instinctive
  • Les armes : variées et grisantes à utiliser
  • Structure old school efficace
  • Les (quelques) boss sont cool à affronter
  • Le marteau-piqueur en NewGame+ qui change l'approche
  • On aime la prise de risque de Capcom.
Les moins
  • Se finit en moins de 10 heures (en ligne droite)
  • Un jeu qui manque de challenge globalement
  • Structure un brin répétitive
  • Pas assez d'ennemis différents
  • Scénario ultra prévisible
  • Ambiance un peu cul-cul la praline
  • Hugh qui manque de charisme
  • Diana parfois agaçante


Le Test
Pragmata, c’est typiquement le genre de jeux qui aurait pu mourir mille fois. Annoncé la toute première fois en 2020 avec l’ambition d’une sortie en 2022, le jeu était déjà en développement chez Capcom depuis 2017. D’ailleurs, beaucoup de médias aiment parler d’arlésienne, mais pour un jeu qui arrive sur le marché 6 ans après son annonce et ce malgré de nombreux reports, il n’y a rien de vraiment choquant. Ce qu’il faut en revanche saluer, c’est que Capcom est un éditeur qui continue à se challenger, et surtout à varier les projets. Car entre deux épisodes de Monster Hunter et un remake de Resident Evil, l’éditeur japonais tente des choses moins conventionnelles. Je pense notamment à Exoprimal en 2023, Kunitsu-Gami et Dragon’s Dogma 2 en 2024, la plupart sont des fours commerciaux, mais on ne peut pas reprocher à Capcom d’essayer de ne pas sortir des sentiers battus. Et c’est exactement ce que représente Pragmata, un jeu d’action qui veut apporter du tactique et de la stratégie, dans une industrie où tout est ultra lisse et balisé. Est-ce que cette envie de casser les codes en fait pour autant un superbe jeu ? Et bien, sachez que j’ai fini le jeu il y a quelques jours et que je peux vous donner mon verdict. Vous allez voir, il y a du très bien et du moins bon…

Pragmata

Ce qui a sans doute motivé Capcom à créer Pragmata, et sans doute à le maintenir en vie durant toutes ces années de développement un peu compliqué, c'est ce gameplay qui combine à la fois action nerveuse et stratégie en temps réel. Hugh Williams, l’astronaute humain d’un côté et Diana, ce robot humanoïde doté d’une intelligence autonome de l’autre. Un gameplay à deux têtes, à la fois différent et complémentaire et qui repose sur ces deux personnages que le joueur contrôle automatiquement. L’action, c’est pour Hugh, tandis que le piratage, c’est Diana qui s’en occupe. Hugh, c’est le personnage que le joueur contrôle directement. Il est certes massif, mais il dispose d’une grande mobilité et d’une souplesse assez remarquables, sachant qu’il va évidemment encore évoluer au fil de l’aventure et des capacités qu’on va pouvoir débloquer. Hugh dispose aussi d’un arsenal assez varié, avec différents types d’armes, des capacités liées à son armure et bien sûr tout l’aspect cosmétique en plus, qui va pousser le joueur à aller plus loin dans les défis. Grâce à ses propulseurs, Hugh peut courir facilement malgré son épaisse combinaison, il peut sauter aussi, flotter un instant dans les airs ou faire des dashs pour esquiver les attaques ennemies. Toutes ces compétences reliées entre elles donnent lieu à un personnage extrêmement plaisant à contrôler, surtout qu’avec le temps, on parvient à réaliser certains actions avec un tempo et une précision assez folle.

Pragmata


PRINCESSE DIANA


À côté de ça, Diana ne combat pas directement. Elle est systématiquement placée dans le dos de Hugh, mais son but à elle, c’est de l’aider dans ses combats. Car les tirs seuls ne suffisent pas à éliminer les ennemis mécaniques, qui sont dotés de blindage et donc résistants aux attaques classiques. C’est là que Diana entre en jeu, puisqu’elle est capable de hacker n’importe qui, à travers un système de mini-jeux en temps réel qui s’affichent pendant les affrontements. En gros, lorsque Hugh vise un ennemi, une grille apparaît à droite de l’écran : une sorte de panneau latéral qui permet à Diana d’intervenir en désactivant les systèmes défensifs adverses. Il faut alors utiliser les boutons de la manette pour naviguer rapidement dans une sorte de labyrinthe et désactiver le bouclier des robots ennemis. Parfois, il s’agit simplement de relier un point A à un point B, mais d’autres fois, des objectifs secondaires viennent compliquer la tâche. Certains chemins sont grisés et donc bloqués, d’autres sont corrompus. Il y a aussi des bonus, appelés nœuds dans le jeu, et qu’il est bien de franchir pour se donner plus de chance pour faire davantage de dégâts sur le robot qu’on est en train de hacker. On peut aussi figer l’ennemi en l’électrifiant, le faisant surchauffer ou lui dérégler ses systèmes. Concrètement, plus vous traversez de cases bleues dans la grille, plus le piratage est efficace : les dégâts infligés augmentent et l’armure ennemie reste désactivée plus longtemps.

Pragmata

Par contre, attention, lorsque la grille est active, le temps n’est pas ralenti et c’est à vous d’être ultra efficace pour aller au bout du labyrinthe, car plus vous allez avancer dans le jeu, plus les ennemis seront nombreux et plus la grille complexe à analyser. Et c’est justement là toute la difficulté : le combat ne s’arrête jamais pendant que vous piratez. Tout se déroule simultanément, ce qui oblige à rester constamment attentif. Il faut parfois accepter d’interrompre le piratage en cours si la situation devient trop dangereuse, pour éviter de subir des dégâts. Le véritable enjeu du gameplay de Pragmata repose donc sur cette double gestion permanente : mener l’action et résoudre le puzzle en même temps. Dans les situations les plus intenses, surtout lorsqu’il y a plusieurs ennemis à l’écran, il faut rapidement décider quel adversaire pirater en priorité, tout en choisissant l’arme la plus adaptée à la situation. Heureusement, les compétences de Hugh vont évoluer en même temps que la difficulté, avec des armes qui peuvent hacker plusieurs robots en même temps, d’autres qui vont créer un dôme protecteur autour de nos deux personnages, des champs magnétiques pour immobiliser les ennemis, et même une fonction qui permet à Diana de pirater en mode automatique et à la vitesse de la lumière. Cette option ne sera évidemment pas disponible à chaque fois, mais l’utiliser dans des moments tendus, ça aide à la survie. Finalement, c’est ce duo qui fait de Pragmata un jeu original. On ne fait pas juste du shoot classique : il faut aussi réfléchir vite, enchaîner les actions, et profiter des moments où le piratage ouvre des failles chez les ennemis. Ça donne un rythme assez unique, où action et stratégie sont constamment mélangées.

Pragmata

LELOO DALLAS MULTIPASS


C’est un vrai exercice de multitâche assez grisant, puisque Pragmata exige en permanence de gérer deux personnages aux compétences très différentes, et surtout de les faire agir en même temps. Et c’est là qu’on comprend sans doute pourquoi le jeu a mis autant de temps à arriver et que Capcom a repoussé son jeu plusieurs fois, car il a fallu trouver le bon équilibre. J’imagine facilement le nombre de versions d’essais nécessaires pour rendre le piratage, le tir et la double gestion de Hugh et Diana à la fois intuitifs et naturels. Parce que sur le papier, l’idée peut sembler complexe, voire un peu contradictoire, mais dans les faits, ça fonctionne étonnamment bien. Et surtout, on prend très vite en main ce système de piratage façon puzzle. 

Mais Pragmata ne se limite pas uniquement aux combats, il y a aussi une énorme part à l’exploration et aux énigmes à résoudre, sachant que Diana peut interagir avec les interfaces, désactiver des pièges ou manipuler certains éléments du décor, tandis que Hugh, grâce à son exosquelette, utilise ses propulseurs pour franchir les obstacles et se déplacer dans l’environnement. C’est une forme de coopération asymétrique, où chacun a un rôle précis, et où la progression repose clairement sur leur combinaison. D’ailleurs, assez rapidement, la structure de Pragmata se met en place, avec une approche assez old school que certains vont aimer retrouver. En gros, le jeu est découpé en plusieurs zones à explorer, où il faut trouver son chemin, déverrouiller des portes en piratant des systèmes, nettoyer les salles infestées de robots corrompus et continuer à avancer jusqu’à atteindre le boss de chaque zone, sachant qu’il est possible très souvent de retourner au refuge. Le Refuge, c’est quoi ? C’est le QG de Hugh et de Diana, accessible via des portails à activer durant la progression du jeu. Une zone safe où l’on récupère l’intégralité de sa santé, où l’on peut faire évoluer les armes et les compétences de nos deux protagonistes, mais aussi chill un peu. On peut par exemple avec des interactions avec Diana, en lui offrant des cadeaux holographiques qui lui permettent de faire évoluer ses émotions, de mieux comprendre l’esprit humain. On peut lui faire la causette, jouer à cache-cache avec elle. Le Refuge, c’est aussi l’endroit pour débloquer de nouvelles tenues, des infos sur le lor, se lancer quelques défis pour gagner des pièces et faire jouer ses skills un peu, c’est un peu le coin tranquille.

Pragmata

SIMPLE ET FUNKY ?

Et c’est ce qui je trouve pose un peu problème à Pragmata. Car au-delà du fait que le jeu soit court, il faut comter entre 9h et 11h pour finir le jeu, Pragmata est un jeu qui n’est pas bien compliqué. C’est même un jeu trop facile, même en mode normal. Alors oui, o débloque une difficulté plus importante après le premier run et il y a même un New Game+, mais Pragmata n’est pas vraiment le genre de jeu auquel on y revient. Il y a évidemment quelques cosmétiques qui donnent enfin d’être complétiste, mais de base, le jeu est trop simple et tourne un peu trop sur la même boucle de gameplay pour surprendre. Les quelques boss sont assez cool dans leur design et ils ont des patterns plutôt sympa à analyser, mais le manque de challenge fait qu’on ne perd aucune vie face à eux. Le seul game over que j’ai subi, c’est face au dernie boss, qui est un peu plus long et complexe à abattre, mais en 3 essais, il était au sol. Donc oui, dans son envie d’accompagner le joueur et ne pas le frustrer, Pragmata est un jeu qui se torche en moins de 10 heures et très sincèrement, on n’y revient pas dessus…

Pragmata

L’autre légère déception de Pragmata réside dans son scénario, malheureusement un peu trop conventionnel et surtout assez prévisible. Les rebondissements comme le dénouement s’anticipent rapidement et, malgré une dynamique entre Hugh et Diana plutôt agréable à suivre, celle-ci manque parfois de véritable surprise. On retrouve ici un schéma déjà maintes fois exploité au cinéma comme dans le jeu vidéo, celui de la relation père-fille, que The Last of Us a déjà porté à son paroxysme dramatique. Le jeu semble également puiser une partie de son inspiration du côté de Terminator 2, avec cette figure du robot découvrant progressivement la vie humaine et ses codes, dans une forme d’apprentissage naïf du monde. Alors oui, Pragmata essaie d’être original car Diana est une petite fille robot qui découvre la vie humaine avec une certaine candeur, mais c’est justement cette naïveté qui finit un peu par agacer. Les dialogues sont assez communs, pas très développés et surtout très téléphonés et surtout, il y a un côté un peu mièvre qui nous a surpris et nous a fait rire. Mais que voulez-vous, on ne peut pas exceller partout et avoir déjà réussi à proposer un gameplay aussi solide, en conciliant action et stratégie, c’est déjà un exploit.

Pragmata



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Pragmata

Jeu : Action/Aventure
Editeur : Capcom
Développeur : Capcom
17 Avr 2026

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17 Avr 2026

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