À l’origine, Capcom prévoyait de sortir Pragmata en 2022, soit deux ans après son annonce. Mais le développement ne s’est pas déroulé comme prévu : selon les informations révélées, le gameplay n’était pas jugé suffisamment abouti pour être présenté tel quel. Nous sommes aujourd’hui quatre ans plus tard, et force est de constater que le gameplay de Pragmata constitue désormais sa plus grande force. Cela montre que Capcom a eu raison de prendre son temps, de peser le pour et le contre afin de trouver le meilleur équilibre possible entre action et hacking. Pour ceux qui découvriraient le titre, le gameplay repose sur la dualité entre les deux personnages contrôlés : Hugh et Diana, un homme et une fillette, un adulte et un enfant, un humain et un robot synthétique, un militaire adepte des armes et une jeune fille capable de pirater à distance tout ce qu’elle souhaite. Autant dire que tout les oppose, mais qu’ils se révèlent immédiatement complémentaires. Et surtout, dès les premières minutes, Pragmata affirme sa propre identité. Ceux qui ont testé la démo ne seront pas dépaysés : le gameplay mêlant tir à la troisième personne et piratage en temps réel est toujours là, avec la grille translucide qui permet à Diana de contourner les défenses des robots pour les rendre vulnérables, tandis que Hugh assure la puissance de frappe brute.
PRAGMATA RATAMAHATTA
Cette troisième session de plus de deux heures met en évidence à quel point Capcom a su enrichir la formule de Pragmata. La mécanique de piratage, qui consiste à déplacer un curseur dans un labyrinthe pour déclencher des effets bonus et atteindre la sortie, reste au centre de l’expérience, mais elle s’intègre désormais à des affrontements beaucoup plus complexes et stratégiques. Les ennemis sont nombreux et variés, et chaque combat devient un véritable moment de tension, où la bonne combinaison d’armes, de piratage et de déplacements est indispensable pour survivre. Mieux encore, les robots s’adaptent à la progression : ils deviennent plus coriaces et déploient leurs propres lignes de défense pour contrer le piratage, ce qui fait que la difficulté augmente progressivement, ajoutant un vrai challenge au fil de l’aventure.
Cette nouvelle session nous a surtout permis de découvrir le Refuge, un hub central de la station lunaire où l’on revient régulièrement après chaque mission, ou même simplement pour sauvegarder, afin de récupérer de nouvelles ressources et faire progresser les améliorations de nos deux personnages. Le Refuge joue également le rôle d’espace de détente : on peut y discuter avec un robot, et Diana, comme une vraie enfant de son âge, peut s’amuser à faire du toboggan ou regarder la télévision. C’est là que Pragmata gagne en profondeur narrative et émotionnelle : le duo devient touchant et crédible, renforçant l’attachement du joueur dans un univers par ailleurs froid et hostile. Cette boucle exploration–retour au bercail–amélioration–interaction–combat est particulièrement satisfaisante et rappelle avec nostalgie le level design des jeux PS3/Xbox 360, qui misaient sur une progression linéaire ponctuée de petits secrets à découvrir.
NEW YORK, I LOVE YOU, but you're bringing me down
Un autre point fort de cette nouvelle session de jeu réside dans l’exploration d’une nouvelle zone. On le sait, l’histoire de Pragmata se déroule sur une station lunaire, un cadre qui pourrait paraître froid, clinique et peu engageant sur le plan visuel. Mais Capcom a intelligemment intégré des hologrammes et des impressions 3D dans le scénario, permettant aux habitants de la station de recréer une vie terrestre, avec ses biomes variés et ses moments de dépaysement. C’est sur cette base que nous avons pu découvrir une reconstitution partielle de New York, et plus particulièrement de Times Square. L’éditeur a clairement mis l’accent sur l’esthétique : des avenues pliées sur elles-mêmes, des voitures à moitié construites surgissant du sol pour servir de plateformes, des rues sinueuses et une atmosphère de ville-fantôme contribuent à créer un environnement immersif où le level design et la direction artistique se complètent parfaitement. Pragmata tire donc sa force de la structure de ses niveaux, pensée pour permettre un léger sentiment de perte tout en restant dirigiste et narratif, offrant ainsi une exploration encadrée mais captivante.
Sur la durée, Pragmata semble plutôt bien équilibré, avec ses zones mystérieuses qui invitent à l’exploration et à la découverte de l’histoire. Il sera possible de revenir sur ses pas, c’est-à-dire d’explorer à nouveau les zones déjà visitées pour fouiller les environnements dans le détail avec les nouveaux pouvoirs débloqués, une approche qui rappelle l’esprit Metroidvania, mais adaptée ici à l’univers de Pragmata, et qui contribue à prolonger la durée de vie du jeu. Côté difficulté, le jeu reste relativement accessible, mais elle augmente progressivement au fil de la progression. La concentration devient nécessaire lorsque le nombre d’ennemis devient important, même si Capcom a pensé à placer de nombreuses zones de sauvegarde judicieusement réparties pour faciliter les affrontements. Pour ma part, mes 160 heures passées sur Crimson Desert, un jeu à la difficulté extrême avant que Pearl Abyss n’allège le challenge avec un patch, m’ont permis de traverser Pragmata sans trop de difficulté. J’espère donc que le jeu offrira un peu plus de challenge pour les autres joueurs, rendez-vous le 17 avril pour le vérifier.
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