LE SAINT-GARS POOR
Ce qui distingue ce remake, c’est qu’Ubisoft ne s’est pas contenté de reprendre l’existant pour simplement l’amplifier ou le moderniser. Le comédien d’origine, Matt Ryan, a repris son rôle d’Edward Kenway, retravaillant certaines scènes et en enregistrant même de nouvelles, puisque du contenu narratif inédit est bien au programme, mais nous y reviendrons dans un instant. Pour l’heure, attardons-nous encore sur l’aspect visuel et sur ce que l’Anvil Engine est capable d’offrir. Techniquement, on est face à une reconstruction presque intégrale : non seulement les personnages et les PNJ ont été entièrement refaits, mais les environnements ont eux aussi bénéficié d’un soin particulier. Les Caraïbes n’ont jamais paru aussi éclatantes, aussi lumineuses, et il y a fort à parier que l’on prendra le temps de redécouvrir des lieux emblématiques comme La Havane, Kingston ou encore Nassau. Toutes les grandes villes de l’opus original sont de retour, mais avec un niveau de détail nettement supérieur. L’ambiance se révèle plus dense, plus vivante, portée par des textures haute résolution, un éclairage bien plus réaliste, des environnements enrichis, un système météo dynamique et une mer encore plus impressionnante qu’en 2013. Les fonds sous-marins, en particulier, ont été considérablement développés : Ubisoft promet une exploration plus vaste et plus dangereuse, notamment en raison d’une faune sous-marine plus hostile. On note également quelques clins d’œil disséminés par les équipes d’Ubisoft Singapore, comme ce pendentif en forme de merlion porté par Edward Kenway, sorte de porte-bonheur discret. Un symbole qui n’est pas anodin pour le studio, lui qui sort d’un développement particulièrement long et difficile avec Skull & Bones.
Mais revenons à Assassin’s Creed Black Flag Resynced. Avant d’aborder les nouveautés et les nouveaux personnages qui viendront épauler Edward Kenway, intéressons-nous au gameplay, lui aussi revu et corrigé. Il faut toutefois nuancer : on parle ici d’une modernisation, pas d’une transformation radicale. Les bases restent intactes, l’objectif n’étant pas de dénaturer la structure originale. Là où le changement se fait réellement sentir, c’est dans la nervosité des affrontements, bien plus marquée, et dans la fluidité globale du système, qui gagne en dynamisme tout en restant parfaitement lisible. L’ensemble s’oriente davantage vers l’action : les attaques sont plus rapides, les enchaînements s’enchaînent avec plus de naturel, et les parades, toujours présentes, occupent désormais un rôle encore plus central. Il est notamment possible de contrer avec une grande souplesse, quasiment dans toutes les directions, Edward Kenway s’adaptant en temps réel à la position des ennemis, sans nécessiter un face-à-face strict. Une parade bien exécutée ouvre ainsi la voie à des enchaînements particulièrement spectaculaires, avec des finish moves plus stylisés. L’ensemble dégage une dimension plus cinématographique dans les combats, ce qui renforce nettement leur impact.
Par ailleurs, Edward Kenway conserve bien entendu son arsenal emblématique, à savoir les sabres, le pistolet et la lame secrète, ce qui offre toujours une belle variété d’approches et de possibilités offensives. Et qui dit Assassin’s Creed dit également infiltration ; sur ce point aussi, des ajustements notables ont été apportés afin de rendre l’expérience plus souple qu’en 2013. Dans la version originale, se faire repérer pouvait s’avérer particulièrement punitif ; ici, l’approche se veut plus flexible. Edward peut désormais s’accroupir librement, ce qui modifie sensiblement la manière d’aborder certaines situations. Surtout, les missions de filature ou d’écoute ne s’interrompent plus brutalement à la moindre erreur : en cas de détection, le monde réagit de façon cohérente, les ennemis s’adaptent et le joueur conserve la possibilité de reprendre la main. L’ensemble gagne ainsi en naturel et en logique, en phase avec les standards actuels. Enfin, le parkour a lui aussi bénéficié d’une révision ; sans bouleverser ses fondations, Ubisoft s’inspire des épisodes récents pour proposer des déplacements plus fluides et plus continus.
Évidemment, impossible de parler de Black Flag sans évoquer le Jackdaw. Le navire est bien sûr toujours présent et reste un élément central du gameplay, avec des combats navals encore plus approfondis. On dispose désormais de davantage d’options offensives, d’un système d’amélioration des armes enrichi, et de affrontements en mer plus tactiques et plus variés. La météo joue également un rôle bien plus important dans l’expérience : vagues, tempêtes et pluie influencent directement les conditions de navigation et de combat. Les séquences en mer demeurent au cœur du jeu, entre abordages, raids de forts et batailles navales, soit tout ce qui faisait déjà la force de Black Flag.
Concernant les nouveautés, Ubisoft a confirmé l’ajout de nouveaux chapitres et de scènes inédites, avec une attention renforcée portée à la dimension personnelle d’Edward. L’objectif est de le rendre encore plus humain et nuancé qu’auparavant, principalement à travers ses relations et son entourage. Le jeu explorera davantage sa sphère intime, notamment sa vie familiale, avec de nouvelles séquences dédiées. L’idée globale reste de renforcer la profondeur du personnage sans en altérer la nature fondamentale.
Dans cette optique, trois nouveaux officiers feront leur apparition, chacun disposant de sa propre histoire et de compétences spécifiques : Lucy Baldwin, le Padre et Dead Man Smith. Pour l’instant, peu d’informations ont été dévoilées à leur sujet, mais Ubisoft a précisé que chacun proposera des quêtes dédiées et apportera des éléments inédits au gameplay. À cela s’ajoutent de nouveaux animaux compagnons qu’il sera possible d’embarquer à bord du Jackdaw, comme des chats ou des singes. Enfin, les chants marins qui accompagnaient les traversées feront leur retour, enrichis de nouvelles compositions et de morceaux inédits.
Sinon, l’histoire restera bien entendu globalement inchangée : on retrouvera Edward Kenway, pirate charismatique et opportuniste, quelque peu perdu dans un monde où la guerre entre Assassins et Templiers le dépasse largement. Le récit suivra son parcours de hors-la-loi, depuis ses débuts jusqu’à son ascension dans les Caraïbes, en passant par ses rencontres avec des figures historiques emblématiques de la piraterie comme Anne Bonny, Charles Vane ou encore Barbe Noire. Autre point essentiel : Assassin’s Creed Black Flag Resynced se présentera comme une expérience exclusivement solo, selon Ubisoft. Aucun multijoueur, pas de DLC, et aucune composante orientée service. L’éditeur fait ici le choix assumé d’un retour à une formule plus resserrée, recentrée sur la narration et l’exploration. Un contenu entièrement solo, pensé comme une aventure narrative pure, sans détour ni ajout annexe. En 2026, c’est visiblement cette approche plus directe et concentrée qui est privilégiée.
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