Il était temps ! Avec Forza Horizon 6, Playground Games emmène enfin sa licence au Japon, un cadre attendu depuis des années par les fans, un peu comme Assassin’s Creed qui a mis perpette avant de fouler les terres du pays du Soleil-Levant. Et dès les premières minutes, difficile de ne pas être happé par la proposition tant le jeu maîtrise parfaitement son entrée en la matière. Il faut dire que l'introduction de Forza Horizon 6 reprend la formule désormais bien connue de la série, en enchaînant les séquences spectaculaires et les changements de véhicules dans un rythme très maîtrisé. Une route de campagne sous les sakuras, le Shinkansen qui passe juste à côté à une vitesse folle, puis des routes enneigées dans les montagnes du nord du Japon, et des tracés au-dessus des nuages, la mise en scène reste efficace et toujours impressionnante. Par contre, si vous suivez la série depuis ses débuts, l’effet de surprise l’est beaucoup, mais c’est la signature Forza Horizon, ne boudons pas encore notre plaisir…
JAPAN ICHIBAN
Une fois cette séquence d’ouverture terminée, le jeu nous plonge directement dans cette formule désormais bien connue mais là aussi toujours aussi efficace. L’idée est donc de nous donner accès à l’open world complet, mais néanmoins de baliser un peu notre progression avec toute une série d’épreuves qui permet d’accéder progressivement au festival Horizon. Forza Horizon 5 avec son Mexique idyllique avait déjà fait un peu évolué la formule, avec cet aspect scénarisé et "RPG" plus présent et Forza Horizon 6 reprend les mêmes mécaniques pour nous familiariser avec tout ce qui nous attend pendant au moins une trentaine d’heures de jeu pour finir la campagne et bien plus si vous voulez le poncer à 100% et parcourir l’ensemble des routes du Japon, même les plus petites. Et justement, avant de nous plonger dans les détails du gameplay, parlons plutôt de ce Japon et de cette vision idéalisée du pays. Jeu vidéo oblige, le Japon de Forza Horizon 6 n’est pas une reproduction réaliste du pays, évidemment, c’était impossible et certainement plus boring, mais une version plus utopique. La map de Forza Horizon 6 mélange du coup des routes de montagne, des rizières immenses, des temples traditionnels, des quartiers urbains inspirés de Tokyo, des stations de ski et de temps à autre quelques plages presque paradisiaques. C’est exactement ce que les fans voulaient, et personnellement, je m’attendais à plus exotique. Il faut dire aussi que j’avais rejoué à Forza Horizon 5 quand il est sorti sur PS5 l’année dernière et j’ai encore les belles cartes postales paradisiaques dans la tête. D’ailleurs, je vais être honnête avec vous, si je devais choisir entre les deux maps et donc les deux pays proposés, je préfère largement celle de Forza Horizon 5 qui m’a davantage dépaysé que le Japon de Forza Horizon 6. Ca ne veut pas dire que c’est moins bien, mais en termes d’exotisme, le Mexique m’en a mis bien plus dans les yeux.
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En fait, là où Forza Horizon 6 parvient réellement à se démarquer, c’est dans son utilisation du Japon comme terrain de jeu, comprendre par-là le level design et la manière dont sont agencés les tracés. Il y a en effet beaucoup plus de verticalité dans ce Japon que le Mexique qui proposait une map plus plate. Ici, il y a des routes de montagnes qui montent au-dessus des nuages, on a des pistes de ski, des autoroutes suspendues, et de larges axes qui sont propices à la vitesse, et c’est sans doute cela qui risque de faire tiquer les puristes du Japon. Parce que comme vous le savez, le Japon est un pays connu pour ses rues serrées, pleine de trafic et une ambiance urbaine complètement folle et c’est quelque chose qu’on ne retrouve malheureusement pas dans ce Forza Horizon 6. C’est d’autant plus flagrant quand on se balade en ville dans ce Tokyo revu et corrigé, il y a comme un sentiment étrange, comme si Tokyo ressemblait davantage à une version “allégée” de Tokyo justement. Le célèbre carrefour de Shibuya est bien présent, mais non seulement il est quasiment vide, mais en plus, les routes sont beaucoup trop larges pour donner ce sentiment de passer dans ce lieu iconique du Japon. Certaines avenues semblent calibrées pour des pick-up américains géants, pas pour les petites kei cars japonaises qui remplissent normalement les rues du pays. Alors évidemment, je sais pourquoi Playground Games a opté pour ce choix, Forez Horizon 6 reste un jeu de course d’arcade où ça va vite, il faut de l’espace pour doubler, drifter et rouler à pleine vitesse. Mais parfois, on a vraiment l’impression que le Japon a été “américanisé” pour coller au gameplay du jeu. 
Alors oui, il y a aussi quelques amas de PNJ pour essayer de faire illusion en termes de densité de populations, mais comme ils sont pour la plupart statique, il y a un effet un peu chelou qui s’en dégage. Alors attention, on sait très bien qu’on est dans un jeu de course pure et dure et pas dans un GTA-like, mais tout paraît un peu trop sage pour nous émerveiller, ou nous dire qu’on est réellement en plein coeur de Tokyo. Et c’est frustrant, parce qu’on sent qu’ils étaient tout proches d’atteindre quelque chose d’exceptionnel. Je trouve que même le dernier Test Drive Unlimited Solar Crown offrait une meilleure impression d’authenticité de Hong Kong que ce Tokyo occidentalisé. Et d’ailleurs pour vous prouver que l’influence américaine est bien plus forte que celle du Japon, sur les 9 stations de radio proposées, seulement 3 proposent de la musique japonaise, ce qui est trop peu et déséquilibré pour un jeu qui se passe au pays des sushis. De même, quitte à ne pas avoir de VF dans le jeu, j’aurais préféré que les personnages proposés parlent japonais et pas anglais, car sincèrement ça casse un peu l’immersion.
Passée cette déception, Forza Horizon 6 reste quand même un jeu de course ultra solide et ultra carré, avec notamment sa structure bien fichue et qui a cette volonté de redonner du sens à l’exploration dans le monde ouvert. Le système de brouillard de guerre, qui dévoile progressivement la carte au fil des déplacements, modifie subtilement l’approche globale. L’impression de découverte est plus présente, là où les précédents épisodes pouvaient parfois souffrir d’une surcharge d’icônes et d’activités. Cette approche est d’ailleurs renforcée par la présence de nombreuses activités qui sont disséminées un peu partout dans la map et permet surtout de varier les plaisirs : Course de rue, course tout-terrain, Time Attack, Course de drag, Zone de vitesse, Zone de Drift, Batte Royale, Touge Battle pour se croire dans Initial D, on a même des livraisons de marchandise à faire, enfin bref, tout est fait pour nous éloigner des itinéraires principaux pour simplement rouler et explorer, sans objectif immédiat. Forza Horizon 6 prend le temps aussi d’être un jeu plus contemplatif, proche de l’idée d’un road trip à grande échelle, où l’exploration prend parfois le pas sur la simple compétition.
Dans tous les cas, si j’ai reproché à ce Forza Horizon 6 un Tokyo moins exotique face à mes attentes, Playground Games a énormément travaillé la variété des environnements, avec des changements d’ambiance qui sont accentués par la météo, le cycle jour-nuit et bien sûr les saisons qui viennent chambouler la map. Et surtout, chaque région propose un style de conduite différent et il est vrai que les routes montagneuses sont probablement les meilleures jamais créées dans la série, avec des tracés très en relief, qui proposent une fluidité incroyable, alternant grandes courbes rapides et épingles parfaites pour le drift, au point qu’on imagine déjà des milliers de joueurs recréer des courses inspirées d’Initial D. Et puis, contrairement à certaines routes de Forza Horizon 5, qui étaient souvent très larges et relativement simples, celles de Forza Horizon 6 donnent réellement envie de conduire pour le plaisir de conduire. Elles ont du rythme, du relief, des changements de cadence permanents. 
En tout cas, la progression semble enfin avoir retrouvé un objectif plus intéressant et plus varié aussi, et c’est peut-être le changement le plus important du jeu. En fait, les derniers épisodes avaient un énorme problème : ils donnaient absolument tout au joueur dès les premières heures. Des supercars, des millions de crédits, des dizaines d’événements, au point où l’on était archi gavé et qu’on finissait rapidement par ne plus vraiment savoir pourquoi on jouait. Forza Horizon 6 a corrigé la structure avec un système de progression plus structuré autour des bracelets et d’événements majeurs à débloquer progressivement. Le jeu nous pousse à suivre un tracé plus balisé scénaristiquement oui, mais au moins, ça ne part pas dans tous les sens, il y a un meilleur équilibre dans les quêtes et cette sensation de progression. Cela dit, ça ne va pas empêcher le jeu d’être archi complet en termes de contenus, avec plus de 550 voitures à débloquer, certaines en les achetant dans le garage avec la monnaie in-game, d’autres qu’on va trouver sur la map au détour d’une mission qui va nous emmener dans les confins de la map.
En ce qui concerne la conduite, Forza Horizon 6 est dans la lignée des précédents épisodes, avec ce mélange très accessible entre arcade et sensations crédibles, sachant que le jeu permet à tout moment d’ajuster les options et les aides pour la conduite pour s’en sortir le mieux et créer le moins de frustration possible. De même, il est possible de baisser la difficulté de l’IA pour faire croire que vous êtes un pilote émérite alors que rien du tout. Quoi qu’il en soit, la prise en main immédiate et le plaisir de jeu toujours aussi présent, que l’on cherche à enchaîner les virages proprement ou simplement à rouler à pleine vitesse sans trop se poser de questions.
Sur le plan technique, en revanche, difficile de lui reprocher quoi que ce soit, tant le jeu confirme une nouvelle fois le savoir-faire de Playground Games avec une réalisation solide, des environnements détaillés et une performance globale très propre, malgré quelques imperfections mineures observées sur les personnages notamment, à la modélisation parfois douteuses et aux animations pas ouf. Mais cela reste des détails mineurs pour un jeu de cette ampleur. Le seul vrai reproche qu’on puisse faire à ce Forza Horizon 6, c’est le manque de vraies nouveautés, un Japon moins éblouissant que prévu, dans le sens où je m’attendais à un vrai dépaysement et une vision plus exotique, mais le reste est suffisamment carré pour ne pas s’ennuyer. Un très bel épisode une fois encore.
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