Première chose qu'on se doit de vous préciser : c’est sur PS5 Pro qu'on a pu tâter ce Onimusha Way of the Sword, mais si l'on en croit Capcom France, la version PS5 standard sera sensiblement la même, aucune crainte à avoir. Alors, pourquoi Onimusha Way of the Sword fait déjà partie, selon nous, des jeux qui vont marquer 2026 de leur empreinte indélébile ? Tout simplement parce qu’il coche toutes les cases du jeu vidéo calibré pour plaire aux joueurs exigeants que nous sommes. Le setting déjà, on va se retrouver dans un Japon féodal, à l’époque des grands samouraïs, avec ce côté Dark Fantasy que les premiers épisodes avaient déjà initié il y a plus de 20 ans. Ensuite, il y a le choix du personnage principal et Capcom a jeté son dévolu sur un certain Miyamoto Musashi, qui a été créé à partir du visage du légendaire acteur Toshiro Mifune, qui est sans doute le plus grand acteur japonais quand on fait référence au cinéma de samouraïs, lui qui a collaboré sur de nombreux films d’Akira Kurosawa. Et il suffit de quelques minutes pour voir que Miyamoto Musashi avec le faciès de Toshiro Mifune, il transpire la classe de tous les pores. Surtout que Capcom n’a pas hésité à jouer avec ses expressions faciales et ses attitudes qui feront transparaître sa personnalité. Juste mater la manière dont il rengaine son katana dans le fourreau, avec cet air désinvolte et cette façon de remettre sa cape d’un simple coup d’épaule, non vraiment c’est trop, Capcom a déjà réussi à me faire aimer ce personnage en même pas deux minutes.
Et puis, vous verrez aussi que Miyamoto Musashi saura jouer avec les émotions, passant du samouraï inquiétant au mec plus burlesque, un peu gauche parfois et ça m’a rappelé un peu la personnalité de Ryo Saeba, vous savez Nicky Larson. Mais vous allez voir que Miyamoto Musashi ne sera pas le seul perso qui a été bien travaillé, les adversaires qu’il va croiser tout au long de sa route s’annoncent eux aussi haut en couleurs, comme ce Sasaki Ganryu que j’ai pu affronter à la fin de la démo et qui n’est autre que le premier boss qu’on affronte. De quoi se plonger dans un combat très stylisé entre deux figures historiques du Japon féodal. Parce que oui, Sasaki Ganryu, qu’on appelle aussi Sasaki Kojiro, est un samouraï bien connu du Japon, mais là, il apparaît plus jeune, très élégant aussi, presque efféminé, avec un flegme qui tranche avec la rudesse de Musashi. Capcom ose ici une relecture audacieuse, presque insolente, du personnage, et je trouve que c’est une vraie réussite.
ENTRE TRADITION & MODERNITÉ ?
Visuellement, le RE Engine, qui est le moteur 3D maison de Capcom, montre encore son efficacité, mais c’est surtout le gameplay qui s’annonce incroyable, ciselé comme il faut, avec ce qu’il faut de possibilités pour faire évoluer le personnage et nous permettre de réaliser des attaques et des combos à la fois explosifs et très stylisés. Et dès les premiers coups d’épée, j’ai été frappé par le rythme atypique des animations : chaque mouvement est pesé, presque chorégraphié, bien plus lent que dans la plupart des jeux d’action modernes, mais avec une fluidité gracieuse. On a davantage l’impression d’assister à une danse martiale qu’à une baston sanglante en vrai. D’ailleurs, la démo jouable s’ouvre sur une séquence un peu contemplative, on y voit un village ravagé par des miasmes, des cadavres au sol encore chauds, des paysans blessés hurlant à la mort. Pas d’action immédiate, mais une vraie immersion, avec cette caméra épaule, proche du protagoniste, qui rappelle Resident Evil 4, autre signature de Capcom.
Si l’héritage de la série Onimusha est bien présent, le jeu intègre aussi des mécaniques plus contemporaines. Par exemple, les ennemis disposent désormais d’une jauge de santé et d’une jauge d’endurance, mais l’ensemble du système de combat évoque davantage Ghost of Tsushima, avec une caméra large, des combats de groupe lisibles, et une garde omnidirectionnelle qui va favoriser l’anticipation. Car oui, Onimusha Way of the Sword n’est pas un Souls-like, Capcom l'a précisé, mais il en hérite une certaine grammaire. Parades, contres, esquives millimétrées : la précision reste la clé de la réussite. Musashi ne se contente pas de bloquer les attaques, il les anticipe, mais peut aussi les rediriger également, à condition d’être dans le bon timing. Comme vous le voyez dans les images qui défilent, on peut contrer de plusieurs manières différentes selon votre temps de réaction. Si on bloque une attaque en maintenant la touche, on l’absorbe en quelque sorte, et on va aussitôt consommer de l’endurance, ce qui veut dire que vous ne pourrez pas le faire éternellement. Il y a la parade 2 qui consiste à faire dévier un projectile et la Parade 3 qui permet de renvoyer le projectile l’ennemi pour le blesser et l’étourdir à la fois et au corps-à-corps, vous contrer son attaque avec les lames qui s’entrechoquent et vous lui faites perdre l’équilibre, ce qui permet ensuite de contre-attaquer. Et comme le système de parade est particulièrement souple, peu importe l’angle d’attaque, si le timing est bon, le samouraï réagit avec une animation contextuelle élégante. C’est juste la classe totale.
ONI GUILI-GUILI
Capcom remet également en avant l’iconique gantelet Oni, qui permet à Musashi d’aspirer les âmes des ennemis vaincus, avec des orbes jaunes et rouges, qui vont faire grimper des capacité spéciales qu’on peut voir en bas à droite de l’écran. On peut mettre en feu son katana ou sortir d’autres armes, comme des double-lames, pour des attaques spéciales. Sinon, Onimusha Way of the Sword introduit aussi une mécanique nouvelle, basée sur le voyage dans le passé, qui permet à Musashi de revivre certains événements ; non pas sous forme de cinématiques passives, mais de séquences jouables à part entière. En pénétrant dans une faille temporelle, on se retrouve plongé dans un monde parallèle, presque spectral, où il faut résoudre une énigme du passé pour débloquer un accès dans le présent. Autre nouveauté : l’utilisation du décor. Capcom pousse l’interactivité jusqu’à permettre à Musashi de soulever un tatami pour s’en servir de bouclier, ou de détourner une table en projectile improvisé, ou bien encore de faire tomber un drap qui sèche sur le visage des ennemis pour qu’ils soient déboussolés.
Evidemment qu'en 35 min de temps, il est impossible de se faire un avis tranché sur ce Onimusha Way of the Sword, mais ça permet de constater que Capcom sait parfaitement où aller et quoi faire avec sa licence mise en jachère depuis près de deux décennies. C'est d'ailleurs cette compréhension dans le game design et l'histoire qui prouve que Capcom mérite bien son sobriquet de CapGOAT ou CapGod. En alliant une mise en scène héritée du cinéma de samouraï, un gameplay à la fois stratégique et viscéral, et des mécaniques modernes empruntées aux jeux d’action contemporains, Onimusha Way of the Sword semble vouloir concilier les attentes des fans de la première heure et celles d’un nouveau public habitué aux standards exigeants des jeux contemporains. Un mariage entre tradition et innovation, et c’est aussi ça le Japon.