Près de trois ans après que Microsoft ait déboursé 69 milliards de dollars pour s’offrir Activision Blizzard, l’histoire n’est pas close. En effet, une action judiciaire engagée par le fonds de pension suédois Sjunde AP-Fonden (AP7) ravive non seulement la controverse sur le rachat, mais éclaire aussi un aspect plus concret et inattendu : les ventes en forte baisse de Call of Duty. En fait, l’affaire repose sur une accusation inattenue, puisqu'il est écrit que Bobby Kotick, alors PDG d’Activision Blizzard, aurait accéléré la vente dès 2021 pour esquiver les conséquences des scandales de harcèlement sexuel qui secouaient l’entreprise. AP7 cherche du coup à transformer le litige en action collective, afin d'obtenir des compensations pour les actionnaires et, dans l’idéal, à invalider l’accord. Les défendeurs sont Microsoft, Activision Blizzard et le conseil d’administration de l’époque, Kotick y compris.
Dans une réponse officielle déposée en décembre 2025 et rendue publique début janvier 2026, Kotick ne se contente pas de nier les accusations, il propose une véritable réinterprétation de la chronologie et des responsabilités. Selon lui, les scandales internes, la mauvaise presse et même la plainte d’AP7 ne sont pas l’effet direct de sa gouvernance, mais pourraient résulter de manœuvres d’autres acteurs industriels. Il cite notamment Embracer Group, éditeur suédois propriétaire de licences comme Tomb Raider et Dead Island, comme un bénéficiaire potentiel de l’action judiciaire. Pour l'ancien PDG d'Activision, cette action pourrait avoir pour effet de fragiliser Activision dans le recrutement et les acquisitions, ouvrant ainsi la voie à Embracer sur le marché californien.
Mais en plus de ce duel judiciaire, le dossier révèle un autre détail, bien plus crousti-fondant, ce sont les ventes de Call of Duty qui ont chuté de plus de 60% par rapport à 2024 selon les propos de Bobby Kotick. En effet, l’épisode Black Ops 7 a rencontré moins de succès que Black Ops 6 l'année d'avant, que ce soit au Royaume-Uni, aux États-Unis ou sur Steam, où le nombre de joueurs simultanés est passé de 315 000 à 100 000. Une baisse marquée, malgré la persistance d’une base de joueurs fidèle et la deuxième place de la franchise sur PlayStation. Bobby Kotick accuse le succès de Battlefield 6 qui cette chute libre des ventes de Black Ops 7 et on ne peut pas lui enlever cette claivoyance, même si le nombre de joueurs du FPS d'EA a vu son nombre de joueurs baisser significativement ces dernières semaines.
Malgré le recul marqué de ses ventes, Call of Duty conserve une base de joueurs solide et engagée. Selon les données de Circana, l’ensemble de la franchise (qui comprend Warzone, Black Ops 6 et Black Ops 7) restait le deuxième jeu le plus joué sur PlayStation en 2024 et 2025, tandis que sur Xbox, il passait de la première à la deuxième place sur la même période.
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