À l’occasion de la sortie prochaine de Retour à Silent Hill (le 4 février 2026 en France), nous avons pu découvrir le nouveau film de Christophe Gans lors d’une projection presse, avant d’échanger longuement avec son réalisateur. Un retour très attendu, près de vingt ans après Silent Hill (2006), devenu au fil du temps une œuvre culte pour de nombreux fans. L'occasion de faire le point sur les intentions du cinéaste français d'adapter un tel monument du jeu vidéo d'horreur, de parler aussi de sa carrière, de ses projets abandonnés, manqués et de l'état du cinéma français de son point de vue. Il faut dire qu'avec Return to Silent Hill, Christophe Gans fait son come-back derrière une caméra après 12 ans d'absence et son dernier film La Belle et la Bête en 2014 avec Léa Seydoux et Vincent Cassel. Christophe Gans affirme à notre micro n'avoir jamais cessé de travailler. Comme il nous l’a expliqué, ces douze années ont été marquées par de nombreux projets avortés — de Vingt mille lieues sous les mers à Corto Maltese — et par des événements tragiques, notamment la disparition soudaine de son producteur et complice de longue date, Samuel Hadida. C’est en cherchant à préserver certains droits que l’idée d’un nouveau Silent Hill s’est imposée naturellement.
Avec Retour à Silent Hill, Gans adapte enfin Silent Hill 2, qu’il considère depuis toujours comme le chef-d’œuvre de la saga. Un choix longtemps repoussé, le réalisateur estimant qu’en 2006, le cinéma d’horreur n’était pas prêt pour une œuvre aussi introspective, symbolique et psychologiquement dérangeante. Là où le premier film servait à installer un univers, ce nouveau long-métrage se veut plus fidèle à la structure narrative du jeu, à son ambiguïté et à sa lecture multiple. Christophe Gans insiste sur un point : il ne s’agit ni d’une simple suite, ni d’un remake, mais presque d’un reboot, tant Silent Hill 2 repose sur une approche différente, plus subjective, centrée sur la psyché de James Sunderland. Les créatures y retrouvent leur portée symbolique, pensées comme des projections des traumatismes du personnage, et non comme de simples menaces spectaculaires.
Fidèle à son approche, le cinéaste a privilégié les effets pratiques, des décors construits et des créatures incarnées par des danseurs et contorsionnistes, afin de préserver une forme de tangibilité essentielle au récit. Le film adopte également une mise en scène radicalement différente de celle de 2006, tourné majoritairement à l’épaule, avec une volonté assumée de ne jamais se répéter. Amoureux du jeu vidéo, des mangas et de la pop culture, Christophe Gans revendique une adaptation nourrie autant par sa propre lecture du jeu que par celles des fans, qu’il consulte régulièrement. Une démarche qu’il assume pleinement, rappelant qu’il existe autant d’interprétations de Silent Hill 2 que de joueurs. On vous laisse écouter ses propos et boire ses paroles, c'est un peu ce qui s'est passé avec nous.





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