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Test également disponible sur : PC - X360 - PS3

Test Duke Nukem Forever

Test Duke Nukem Forever
La Note
14 20

Inégal comme jamais aucun jeu ne l'a été avant lui, Duke Nukem Forever porte clairement les stigmates de son développement extrêmement chaotique. Graphismes, animations et level design soufflent en permanence le chaud et le froid, comme si chaque composante du jeu se cherchait encore. Il ne faut donc surtout pas s'attendre à un FPS parfait, ou aussi novateur que le fut Duke Nukem 3D à son époque, sous peine d'être irrémédiablement déçu. Ce jeu doit être pris pour ce qu'il est : du pur fan service, qui sait se montrer diablement efficace en matière d'humour gras et de sexisme. Les adeptes du Duke apprécieront à coup sûr l'ambiance générale, fidèle à la légende. Les autres risquent de rester nettement plus circonspects face à une réalisation irrégulière, parfois correcte, souvent datée.


Les plus
  • Ambiance 100% Duke
  • Bourré de références
  • Nombreux mini-jeux et interactions
  • Humour gras omniprésent
  • Multi simple et efficace
Les moins
  • Niveaux plus linéaires qu'à l'époque
  • Pas de jetpack en solo
  • Assez mou par moments
  • Certaines animations, trop sommaires
  • La vulgarité peut déplaire


Le Test

Arlésienne de référence dans l'univers du jeu vidéo, Duke Nukem Forever abandonne son statut de vaporware et s'offre enfin à nous. Quinze après un Duke Nukem 3D encore présent dans la mémoire de tout gamer trentenaire qui se respecte, le FPS de 3D Realms est sauvé des eaux par Gearbox Software. Pour le meilleur ou pour le pire ? Pour les deux, mon général ! Car à l'usage, pas de miracle : le rafistolage et le poids des années se sentent.  Heureusement, l'humour et l'univers délirants du king restent intact.


Manifestement conscients de l'aspect irrémédiablement culte de Duke Nukem, les développeurs ont construit tout le jeu autour du personnage. Jamais dans un FPS on n'aura autant vu la tête du héros que l'on contrôle, les photos et autres statues à son effigie étant légion ! La désormais célèbre séquence d'introduction, une véritable mise en abîme où Duke joue à Duke Nukem Forever tandis que des jumelles déguisées en écolières lui prodiguent une gâterie, n'est qu'un avant-goût de l'univers égocentré et auto-référencé qui attend le joueur. Depuis qu'il a sauvé la planète dans Duke Nukem 3D, le King est réellement devenu le roi du monde. Une véritable star planétaire, qui habite dans un manoir que même Hugh Hefner pourrait lui envier, qui a toutes les femmes à ses pieds, et qui possède aussi bien des stades de foot que des chaînes de restauration rapide à son nom. Si durant l'aventure, on s'amuse franchement à repérer des références plus ou moins discrètes à Half-Life, Dead Space, Halo, Mario, World of Warcraft ou encore Portal, ce sont tout de même les joueurs ayant connu Duke Nukem 3D à la grande époque qui auront le plus le sourire aux lèvres. Grâce aux thèmes musicaux reconnaissables entre mille, à la reprise de certaines répliques cultes, à des situations très familières, sans oublier la sacro-sainte voix de Jon St. John en version originale (pour la VF, c'est le doubleur d'Arnold Schwarzenegger qui a été retenu). Du pur fan service, qui fait forcément plaisir ! Il faut ajouter à tout cela une fidélité certaine envers la capacité du Duke à interagir avec tout et n'importe quoi. Utiliser des toilettes, mettre un rat dans un four à micro-ondes, signer un autographe à un fan (en restant libre de dessiner ce que l'on veut sur le livre du gamin en question...), se photocopier les fesses, regarder un DVD tendancieux, lancer des frisbees ou des avions en papier ne sont quelques exemples parmi d'autres. On pourrait réellement continuer longtemps cet inventaire à la Prévert, voire à la pervers. Car l'humour du jeu est toujours gras, voire graveleux ! Soumises au Duke, strip-teaseuses, ou capturées par des aliens, les femmes finissent toujours à moitié nues. Pris au premier degré, on imagine aisément que cela puisse choquer certains (ou plus vraisemblablement certaines), mais au second, c'est un plaisir coupable plutôt sympathique.

Tu veux ou tu veux pas ?

Revenons un instant sur les interactions, qui ont non seulement le mérite d'être amusantes, mais également celui d'augmenter de manière persistante la barre de vie du héros (renommée en barre d'ego pour l'occasion). Une barre de vie qui, bien évidemment, se recharge automatiquement dès qu'on se met à couvert, les médikits du siècle dernier appartenant manifestement à une époque révolue. La recherche des zones interactives est donc fortement conseillée, d'autant plus que certaines prennent la forme de véritables mini jeux. Table de flipper, panier de basket, table de air hockey, borne de tape-taupes, table de billard, machines à sous, machines de poker : toutes ces distractions, qui n'auraient servies que de décor dans un FPS standard, sont ici interactives et pleinement jouables. Ce souci du détail pourrait laisser penser à un grand jeu, fignolé jusque dans les moindres recoins, mais hélas il n'en est rien. En vérité, Duke Nukem Forever est un jeu extrêmement inégal, qui joue aux montagnes russes avec notre ressenti. Par exemple, on pense un temps louer les animations du jeu, puisque le "body awareness" est quasiment parfait. Les pieds de Duke apparaissent quand on regarde en bas, et les scènes où il se casse la figure, interagit avec l'environnement ou fait un doigt d'honneur aux aliens sont criantes de vérité. Mais paradoxalement, l'animation de saut est tout simplement pitoyable. Il suffit de se mettre devant un miroir et de faire un bond pour s'en rendre compte : on a rarement vu un modèle 3D se comporter de manière aussi rigide et peu réaliste. Et quasiment tous les aspects du jeu sont à l'avenant, soufflant alternativement le chaud et le froid. Il en va ainsi des armes, réjouissantes pour certaines, décevantes pour d'autres. Le fusil à pompe, bien dynamique comme il faut, et le Shrinker, qui réduit les ennemis à l'état de lilliputiens écrasables d'un simple coup de pied, appartiennent incontestablement à la première catégorie. Mais on cherche encore l'intérêt du Freeze Ray en solo. Efficace et amusant en multi, il semble avoir été étrangement diminué pour la campagne (portée trop courte, puissance de congélation limitée). Les graphismes font également preuve d'une irrégularité confondante. Certains décors, textures et effets spéciaux tiennent parfaitement la route, tandis que d'autres nous renvoient des années en arrière. On savait que le jeu ne serait pas à la pointe de la technologie, ce qui n'est d'ailleurs pas bien grave, mais on ne s'était pas préparés à un tel manque de cohérence.

GOTY 2003 !

Même refrain en ce qui concerne les niveaux. Certains sont délicieusement mémorables, comme la ruche Alien, organique à souhait, ou encore le strip-club qui, d'après Maxime, ressemble furieusement à un vrai. Sans oublier le Duke Burger, qui nous miniaturise et nous plonge dans les cuisines d'un fast food. Sauts de petit pain en petit pain pour ne pas se brûler les pieds sur la plaque de cuisson, tirs nourris entre les pots de ketchup et de moutarde qui nous explosent à la figure, bref passage dans un lave-vaisselle : c'est un régal ! Mais à côté de cela , il faut aussi passer par des niveaux fades, décors génériques et autres arènes ennuyeuses. Même les énigmes basées sur le moteur physique n'arrivent pas à susciter un plein enthousiasme. Louables dans l'absolu, elles rappellent un peu trop celles de Half-Life 2. D'ailleurs, le sentiment qui prédomine dans l'ensemble, c'est celui d'avoir affaire à un jeu qui aurait été absolument génial en 2003 ou 2004. Paye tes années de retard, Duke ! Aujourd'hui, sur le fond comme sur la forme, le jeu semble naviguer entre deux époques. Les gigantesques boss, notamment le dernier, doivent par exemple être vaincus à l'ancienne, c'est à dire en les arrosant de roquettes tout en évitant leurs tirs. Et on aime ça ! Mais en parallèle, le jeu se dote de tous les défauts des FPS modernes et "consolisés". Citons par exemple la limitation à deux armes, sous le prétexte que les pads ont un nombre de touches limité. Ou bien les désormais traditionnelles mais toujours insupportables indications à l'écran, certainement là pour que les attardés mentaux bénéficient également du droit au jeu vidéo (surbrillance, heureusement désactivable, des objets importants, messages rappelant en permanence les touches à actionner pour réaliser la moindre action...). Ou encore une certaine lourdeur du gameplay, nettement moins rapide et aérien qu'à l'époque de Duke Nukem 3D. D'ailleurs on notera avec désespoir l'absence de jetpack en solo. Un véritable sacrilège ! Enfin, on se désole de ne pas retrouver les niveaux tortueux et bourrés de passages secrets qui faisaient notre bonheur en 1996. Comme quasiment tous les FPS actuels,  Duke Nukem Forever privilégie les niveaux-couloirs, plus ou moins bien déguisés. Il reste tout de même un aspect sur lequel le jeu ne fait aucune concession : le mode multi. Limité à huit joueurs et privilégiant des modes ayant fait leurs preuves depuis longtemps, il donne dans le classique et l'efficace. Parfait pour s'amuser une petite heure de temps à autre, sans jamais se prendre au sérieux. D'ailleurs, les points d'expérience que l'on gagne ne servent pas à se procurer des armes surpuissantes mais à débloquer des améliorations cosmétiques délirantes (faux nez à moustache, chapeaux ridicules, chemise hawaïenne...) ou à meubler l'habitation personnelle de Duke, avec des objets de décoration divers et variés, des dispositifs interactifs (dont les mini-jeux croisés en solo) et même des babes !







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Duke Nukem Forever

Jeu : FPS
Editeur : 2K Games
Développeur : Gearbox Software
10 Juin 2011

10 Juin 2011

10 Juin 2011

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Vos Notes :
13/20
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