Comme souvent lorsqu'il s'agit d'un titre développé sur 3DS, on se demande comment Resident Evil : The Mercenaries 3D s'en sort avec la 3D sans lunettes. Grosse déception à ce niveau-là pour être franc, et il est vivement conseillé de désactiver l'effet de relief pour ne pas se brûler les yeux avec l'aliasing qui vient abîmer l'écran. Bon, on exagère légèrement mais le jeu ne fait pas preuve d'une netteté irréprochable. Par contre, une fois la molette abaissée, Resident Evil : The Mercenaries 3D est autorisé à sortir de chez lui, même si on n'oubliera pas les quelques ralentissements lorsque les zombies se font un peu plus nombreux. Mais dans l'ensemble, la qualité des textures et la modélisation des personnages font du jeu d'action de Capcom un titre assez réussi visuellement. Au moins, on sait que la réalisation de Resident Evil : Revelations ne décevra pas. Ce qui est quand même sacrément frustrant avec Resident Evil : The Mercenaries 3D, c'est l'absence de scénario qui perturbe assez lorsque l'on a pris l'habitude de cotoyer les équipes S.T.A.R.S., B.R.A.V.O. et BSAA. On s'y attendait, mais enchaîner les missions devient rapidement rébarbatif, d'autant que les terrains de jeu – tirés de Resident Evil 4 et 5 – ne s'étendent pas sur des kilomètres. On n'ira pas jusqu'à parler de claustrophobie, mais nul doute que des arènes un poil plus ouvertes auraient rendu l'expérience plus agréable. A moins qu'il ne s'agisse d'un moyen pour les développeurs de maintenir la pression sur le joueur, vu que les zombies de Resident Evil font rire depuis l'avènement des Nécromorphes de Dead Space. Avec des zones étroites et un champ de vision limité, il est en effet beaucoup plus facile de donner des sueurs froides et de rendre les mains moites.
"Mais dans l'ensemble, la qualité des textures et la modélisation des personnages font du jeu d'action de Capcom un titre assez réussi visuellement. Au moins, on sait que la réalisation de Resident Evil : Revelations ne décevra pas."
Et puis, ça permet de masquer les réactions archi prévisibles des monstres qui se ruent souvent sur le personnage, sans chercher à feinter pour donner un peu de fil à retordre. On reconnaît qu'il y a quand même moyen de se faire surprendre par un ou deux zombies vicieux – d'autant que le radar n'indique pas leur position –, mais c'est surtout dû à la taille de l'écran de la console qu'à une I.A. au top de sa forme. Du coup, viser les genoux confère un avantage quasi définitif à chaque gunfight. Une fois l'ennemi au sol, il suffit de l'achever avec un coup de pied dans l'oeil, sauf si un parasite occupe le corps de l'hôte. Là, il faudra tirer quelques balles supplémentaires pour s'en débarrasser ; ou alors avoir recours à une grenade aveuglante afin d'économiser ses munitions. Bref, une fois que l'on a pigé le truc et que l'on s'appuie intelligemment sur les QTE, ça devient un jeu d'enfant, sauf face aux semi-boss et au B.O.W. qui arrachent une bonne partie de la jauge lorsqu'ils s'énervent. Soulignons aussi que les commandes tactiles de Resident Evil : The Mercenaries 3D offrent l'occasion de switcher d'arme d'un coup de stylet, sans oublier les fameuses herbes médicinales pour soigner la barre vitale du personnage. Bien vu. Bien vu également le précieux demi-retour rapide, ainsi que la possibilité de tirer sur les Majinis tout en se déplaçant. Une révolution pour la série qui était jusqu'à présent incapable de faire deux choses à la fois. Un ajustement, aussi, qui n'est pas de trop pour boucler les missions dans le temps imparti. Cela dit, l’absence d’un second stick analogique met le cerveau et les doigts en compote, ce qui gâche quelque peu le plaisir. Pédagogue, Resident Evil : The Mercenaries 3D ne lâche pas le joueur dans la nature, et explique méthodiquement comment scorer de façon efficace. On retiendra surtout les statues rouges qui rajoutent du temps au chrono, ou bien encore les bonus venant récompenser les combos. Il y a également les skills que l'on peut combiner pour accroître l'efficacité de son personnage à la gâchette, par exemple.
Les sept mercenaires
Un système qui sera d’ailleurs présent dans le prochain Resident Evil : Operation Raccoon City sur X360 et PS3, et que Capcom a sans doute souhaité tester ici pour avoir un premier retour des joueurs. Il est possible de débloquer une trentaine de compétence en tout et pour tout, sachant qu’il existe ensuite trois degrés de maîtrise pour chacun. De quoi se faciliter la tâche en vue des dernières missions, dans lesquelles il devient quand même assez tendu de claquer des records de malade. Pour parler un peu des protagonistes présents dans Resident Evil : The Mercenaries 3D, les principales stars sont au rendez-vous : Jill Valentine, Chris et Claire Redfield bien sûr, mais aussi Rebecca Chambers, Jack Krauser ou bien encore l'increvable Wesker. Il est possible d'accomplir l'ensemble des missions avec chacun d'eux, ce qui rallonge naturellement la durée de vie du titre. Enfin, impossible de ne pas évoquer la démo de Resident Evil : Revelations, glissée à la dernière minute sans doute pour donner un coup de pouce à Resident Evil : The Mercenaries 3D. Une version d’essai qui ne laisse même pas le temps d’avoir envie : trois monstres à éliminer à bord d’un paquebot, circulez, il n’y a plus rien à voir. Même Jill Valentine, que l’on incarne dans cette mise en bouche, doit s’ennuyer sévère. On la plaint.
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