1994, sortie initiale sur Super Famicom. La première pierre d’une série qui ne cesse, plus de dix ans après, de produire des rejetons en masse, sans perdre du galon malgré un clonage assez flagrant d’un épisode à l’autre, du système de combat ou des thématiques de jeu. 2006, sortie de ce portage Game Boy Advance sur nos terres. Et avec elle, l’opportunité de découvrir les fondations d’une grande saga. Au-delà des minuscules ajouts tels de nouvelles techniques, Tales of Phantasia conserve tout son sel d’antan et la surprise sera grande pour ceux qui s’attendent à découvrir un jeu archaïque et désuet. Tales of Phantasia s’avère en tout point surprenant. Délicieusement old school, il est pourtant déjà empreint d’une certaine modernité. Non pas dans sa narration, laquelle ne dispose pas de l’espace nécessaire pour s’épanouir, mais dans son rythme de jeu varié et bien entendu dynamique, système de combat en temps réel oblige. Par rapport à un Tales of Eternia récemment paru sur PSP, tout est presque déjà là ! Les techniques spéciales en raccourcis, les invocations d’esprits, la cuisine, ou encore le réglage comportemental de ses partenaires. Dès 1994, Tales of Phantasia jouit d’une modernité certifiée, qui nous renvoie d’autant plus au manque d’évolution majeure que connaîtra la série pendant les dix années qui suivront. Les pérégrinations de Cless, - jeune épéiste tragiquement séparé de toute sa famille - à travers le temps et l’espace, sont principalement centrées autour des inévitables esprits Ondine, Efreet, Gnome, Sylphe et tous les autres. Eux aussi sont déjà dans la place ! Et comme dans tout bon Tales of, la progression se fait de manière particulièrement significative, au gré de techniques spéciales de plus en plus efficaces et de sorts de plus en plus dévastateurs. De ce fait, l’envie de monter en puissance pour devenir toujours plus performant prends le pas sur le côté déjà-vu de l’aventure. Malheureusement, il faudra se montrer particulièrement motivé pour se lancer dans Tales of Phantasia. Si les combats de la série sont connus et appréciés de tous, ceux de Tales of Phantasia sont parasités par une lenteur rédhibitoire. La majorité des sorts interrompent l’action toutes les cinq secondes, de plus il est difficile de se soustraire aux quelques balbutiements des débuts, comme l’impossibilité de courir ou de désactiver le mode semi-automatique (qui, par défaut, renvoie Cless à son point de départ après chaque action). Dommage, puisque ce Tales of Phantasia, superbement coloré sur un écran de Game Boy Micro ou de Nintendo DS, est particulièrement accessible, malgré une difficulté qui se corse soudainement à partir du château de votre ennemi le roi Dhaos, soit après 15 heures de jeu.
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