Soyons clairs : la durée de vie de Ninja Reflex est archi-limitée. En effet, uniquement six épreuves - shuriken, katana, hotaru, hashi, koï, nunchaku - figurent au programme du vieux maître qui vous accompagne tout au long du jeu. Même si chacune des disciplines comporte des variantes, celles-ci n'apportent strictement rien de nouveau par rapport au concept de base, ce qui rend naturellement le jeu répétitif au bout de la deuxième ceinture. Puisqu'il faut bien caser deux syllabes sur le contenu de Ninja Reflex, aussi inintéressant soit-il, seul l'exercice koï - dans lequel il faut suivre les mouvements de la carpe koï, pour l'attraper dès qu'elle pointe la tête hors de l'eau - parvient à capter l'attention du joueur. On parvient à suivre les déplacements du poisson avec une fluidité grisante - ce n'est pas une blague -, ce qui incite rapidement à essayer de saisir les plus petits, ceux qui rapportent le plus de points. Katana est sans doute la plus belle farce faite à la Wiimote depuis la sortie de Red Steel, avec une reconnaissance de mouvements au bout du rouleau. Même si l'on s'applique à suivre correctement les indications affichées à l'écran pour contrer les attaques des Onis, le temps de latence est tellement énorme que ça devient injouable, surtout lorsque les ennemis attaquent par vagues de trois. On retrouve la même lenteur dans shuriken où l'on est censé lancer son étoile plus vite que son ombre. Si différencier les assassins des geishas n'est pas une punition en soi, le lancer n’est pas naturel et intuitif du tout, puisque l'on doit d'abord locker la cible avec B, avant de balancer son shuriken avec un coup de poignet. Vraiment pas pratique. Après avoir accompli un certain nombre de défis, on accède à la session d'évaluation dans laquelle le maître sélectionne de façon aléatoire trois épreuves. Comme à l'école, il faut atteindre la meilleure note possible dans chacune des matières pour accéder au rang suivant. Comme à l'école, il suffit d'obtenir la moyenne pour être promu. Vu l'ultra-facilité des épreuves, il aurait été préférable de réduire la marge d'erreur au fur et à mesure que l'on progresse dans le jeu. Les évaluations auraient ainsi gagné en challenge, et Ninja Reflex en intérêt. Puisque l'on parle d'intérêt, on a du mal à expliquer la présence du mode méditation du titre, si ce n'est de participer à tous les artifices qui tentent de lui donner un aspect très oriental. On ne vas pas vous mentir, la réalisation de Ninja Reflex se contente du minimum syndical, si ce n'est moins, et le charme n'opère pas autant qu'un Tenchu à l'époque de la PSOne, toute proportion gardée. On terminera sur l'ambiance musicale du jeu, à la limite de la rupture elle aussi, même si elle aligne quelques décibels capables de séduire ceux vouant un culte au pays du Soleil Levant. La cible principale de Ninja Reflex, finalement.
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