On ne peut pas dire que Arc System Works se soit donné du mal pour mettre sur pied Guilty Gear : Dust Strikers. Si l’on pouvait s’attendre à un remaniement du gameplay, support DS oblige, rien ne laissait présager un tel résultat. A première vue, rien de bien choquant. Si la DS n’est pas la console privilégiée pour afficher des graphismes de haute classe (oubliez la 2D en haute définition), Guilty Gear : Dust Strikers parvient à s’en sortir convenablement. Certes, certaines animations sont passées à la trappe mais dans l’ensemble, le jeu se laisse dévisager sans le moindre mépris. Côté casting, Guilty Gear DS offre un nombre de belligérants somme toute correct. Parmi les 20 personnages proposés, on retrouve les classiques Sol-Badguy, Ky Kiske, Axl Low, Faust, Chipp Zanuff, Slayer ou bien encore I-No. Evidemment, ceux qui découvrent la série avec cet opus DS risquent d’être choqué par le choix on ne peut plus farfelu des noms de tous ces combattants, boostés au rock surpuissant, celui qui abuse de riffs assassins et de larsens à nous brûler les tympans. Une chose est sûre au moins, Guilty Gear : Dust Strikers s’inscrit dans la lignée des précédents opus et ne trahit à aucun moment l’ambiance électrique de la franchise. Ce qui risque de porter préjudice à cet épisode et qui sera considéré comme une vraie trahison, c’est le choix d’avoir opté pour un jeu de combat proche d’un Super Smash Bros. ou plus récemment de Jump Super Stars. D’autant que Arc System Works ne s’est pas donné la peine d’adapter le gameplay élitiste de la série à la situation. Les commandes, simplifiées au maximum, a de quoi dérouter et malgré toute la bonne volonté du monde, difficile de s’y faire même après plusieurs heures de jeu. Les développeurs ayant gardé la vivacité des attaques et autres combos, Guilty Gear : Dust Strikers devient rapidement un maëlstrom visuel assez vomitif. Les idées sont là mais elles sont mal intégrées, et à l’instar de Guilty Gear Isuka, les personnages ne se retournent jamais automatiquement. Pire encore, la garde est automatique, preuve d'une nouvelle trahison envers les puristes de la série. Dans le même genre, les décors, pourtant réputés pour leur qualité dans chacun des épisodes de la série, sont d’une vilenie sans nom et sont la preuve d’une autre trahison envers cette série jusque-là réservée à une certaine élite. Reste alors une salve de mini-jeux, pas toujours en rapport avec la série (un jeu de billard ?!) et qui démontre bien qu’il s’agit simplement d’un ajout opportuniste que d’une véritable réflexion de Game Design. Oui, il ne fait aucun doute quant à l’orientation prise par Arc System Works, à savoir une ouverture vers le grand public. Encore faut-il savoir l’adapter à ce public laxiste.
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