Inutile de s’étaler sur le sujet, tout le monde – ou presque – sait que Resident Evil 4 représente une refonte totale de la série, avec entre autres la supression des zombies et de leurs vomissures acides. Malgré cette amputation remarquée, cette suite réussit à plonger le joueur dans une ambiance glauque qui n'est pas sans rappeler celle du film 28 jours plus tard de Danny Boyle. Au final, le jeu déroute autant que ses frères et assure une bonne dose de terreur contrairement à ce que l’on aurait pu croire. Croyez-nous, les fermiers et leurs outils de trépanation ne sont guère plus accueillants que leurs confrères à la chaire pourrie. Le scénario est le même : Leon S. Kennedy est de retour et doit retrouver Ashley, la fille du Président américain. Elle a été aperçue pour la dernière fois en Europe et a probablement fait l'objet d'un kidnapping. Resident Evil 4 : Wii Edition, c’est aussi l’occasion de recroiser certains visages comme celui de Ada Wong qui est revenue du monde des morts – ce n’est plus une surprise - mais aussi Jack Krauser, un ex-compagnon militaire de Leon. D’ailleurs, leur premier affrontement fait partie des moments d’anthologie du jeu, même si l’opus Wii n’a bénéficié d’aucune optimisation graphique.
Léon de Bruxelles Le titre tourne désormais en 480p, le genre de détail qui ne tue pas ou plus à l’heure où de plus en plus de foyers investissent dans du plat. Cela dit, Resident Evil 4 : Wii Edition a toujours de la gueule, et cette finesse supplémentaire dans le rendu est appréciable. Le character design, les effets, les textures, tout a un peu plus de consistance. Mais comme précisé en prélude, c’est la combinaison Wiimote / Nunchuck qui prévaut ici. Le fameux voyant rouge a été remplacé par un réticule nettement plus imposant, ce qui facilite les headshots et autres gourmandises de sniper. Le jeu perd en difficulté du coup, car il est facile de coller une balle entre les yeux sans pour autant trembler de la main. Après une trentaine de minutes d’acclimatation, on comprend le truc : B + mouvement arrière de la Wiimote pour recharger, Z + stick vers l’avant pour courir, Z + stick vers l’arrière pour faire un demi-tour, C + A pour attaquer au couteau, au bout d’une heure les premières hésitations ont complètement disparu. Et puis, il y a toujours une alternative classique pour certaines commandes via les boutons si gesticuler dans le vide ne convient pas. Les premiers frags grisants exécutés, on remarque toutefois qu’il est toujours aussi difficile de cibler les ennemis qui viennent par des angles tordus, alors que l’on croyait la Wiimote capable de solutionner le problème sans sourciller. Il aurait été plus instinctif, une fois en joue, de couvrir entièrement le champ visuel avec le pointeur, aussi bien sur les cotés qu’à l’arrière.. Dans la configuration actuelle, on est obligé de tourner avec le stick avant de viser son ennemi. Enfin, on a droit aux inévitables secousses de la Wiimote pour échapper à un rocher ou se dégager de l’étreinte d’un monstre. C’était couru d’avance.
|