Relation dynamique entre le conscient et le préconscient, l’inconscient se manifeste au travers de mécanismes de défense, refoulement en tête. Si cette approche fournie par Freud n’a jamais fait l’unanimité, Psychonauts l’illustre pourtant à merveille en vous mettant dans la peau d’un jeune garçon dont le seul but est d’atteindre les rangs d’élite des explorateurs de l’esprit, tout un fuyant un passé à première vue douloureux. Tim Schafer, l’illustre personnage à l’origine, entre autres, du cultissime Day of The Tentacle, nous livre alors un jeu à l’ambiance aussi torturée que les cerveaux que vous allez devoir explorer, et sa touche unique excuse à elle seule l’attente aussi interminable qu’involontaire de Psychonauts.
Le camp des fortes têtes
Recrue dans un camp visant à former les enfants doués de pouvoir psychiques, vous incarnez Razputine, un jeune fugitif dont les facultés vont vite le distinguer du reste d’une promotion qu’il devra bientôt sauver. En effet, si chaque élève dispose bien d’une psyché hors du commun, ce sont justement leur précieux cerveau qui va faire l’objet d’un kidnapping massif lors d’un complot visant la destruction même des Psychonauts. Réduits à l’état de légumes tout juste bons à s’abrutir devant une télévision au programme unique et, en l’absence des professeurs convoqués dans une nouvelle mission, vos anciens camarades de classe n’auront alors plus que vous en guise d’espoir, pour leur redonner vie à travers leur étrange organe. Loin des point & click qui ont fait la réputation de Tim Schafer (Monkey Island, Full Throttle, Day of The Tentacle, Grim Fandango), Psychonauts a préféré jouer la carte de la plate-forme. Pas de panique toutefois pour les fans de celui qui figure comme l’un des plus grands créateurs de jeu, l’esprit coloré et l’ambiance déjantée qui lui sont propres sont bel et bien présents dans sa dernière production. Si le fond changera alors peu par rapport à ce qui existe déjà dans la catégorie, c’est donc véritablement sur la forme que le charme de Psychonauts va agir.
Inconscient collectif
Niveaux tordus au sens propre du terme, univers aussi variés que psychotiques, visions et dialogues déroutants, seuls des esprits dérangés pouvaient offrir une telle vision de la plate-forme et cela tombe bien, puisque c’est justement dans ces esprits que le jeu nous demande de plonger. Introduit dans le cerveau des personnages à ‘soigner’ vous aller devoir affronter leurs phobies, leurs fantasmes ou encore leurs souvenirs. Largement puisés dans la culture cinématographique, chaque cerveau aura son lot de références, à commencer par Matrix ou encore The Cube, avant d’aller taper dans des registres plus anciens comme Le Fantôme de l’Opéra dans l’esprit d’une cantatrice vieillissante ou de Godzilla dans le cadre d’un monstre marin aussi sympathique qu’hideux. Déterrant des secrets inavoués en forçant des coffres forts, soulageant des bagages émotionnels représentés par ….des bagages (valises, sacs, etc.), ou nettoyant les toiles mentales envahissant l’esprit et bloquant certains accès, Razputine apprendra rapidement de nouveaux pouvoirs pour mieux se défendre dans les têtes de ses patients improvisés et soigner leur moi profond. Télékinésie, pyrokinésie et autres phénomènes –inésiques, vous pourrez développer et booster vos différents pouvoirs en ramassant les bribes encombrant les pensées, et c’est à partir d’ici que le jeu commence à afficher ses faiblesses. En effet, malgré une histoire pas trop mal ficelée et un design édulcoré attachant, Psychonauts n’arrive pas à quitter la simple sphère de jeu de plate-forme. On avance, on saute, on ramasse tout ce qu’on peut sur son passage et seules quelques pseudo énigmes oseront quitter les routes prédéfinies instaurées par la catégorie. Pire encore, certains moments vous imposeront de refaire des zones en boucles dans le seul but de collecter assez d’argent pour acheter l’accessoire indispensable à la suite de l’aventure, ou encore pour apprendre une nouvelle faculté. Déjà frustrants, ces moments de l’aventure ne sont heureusement qu’au nombre de deux, mais ne sont pas excusés pour autant, cette obligation de récolte n’étant pas toujours indiqué dans les objectifs à atteindre.
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