Comparer Wii Music à Guitar Hero et Rock Band est le meilleur moyen de se faire passer pour un crétin fini - si ce n'est plus -, puisqu'il est évident qu'ils ne jouent pas dans la même catégorie. Si Harmonix Music Systems et Neversoft Entertainment s'adressent aux fans de rock, Nintendo préfère se tourner vers l'initiation musicale, un cours auquel la reconnaissance des intervalles et l'oreille musicale ne sont pas conviées. Impossible, du coup, de placer une quelconque fausse note dans Wii Music, et il s'agira essentiellement d'imprimer un semblant de rythme à sa partition ; une épreuve à la portée de n’importe quel groupe de troubadours. Avec une telle philosophie musicale, il ne faudra pas non plus compter sur la présence d'un jury pour évaluer la qualité de la prestation, ce qui du coup flingue complètement l'intérêt d'un Wii Music ultra basique, et où la marge de progression est finalement minime, pour ne pas dire nulle. En fait, le challenge se situe dans les mini-jeux, avec "Note parfaite" qui parvient tout de même à mettre un peu de pression dans les tout derniers exercices. Plus concrètement, le joueur doit répondre à une série de questions le plus rapidement possible, les interrogations étant identiques quel que soit le niveau de difficulté choisi. Il faudra surtout veiller à la consonance des notes et l’harmonisation des sons, rien de bien méchant dans l’absolu. Si on a la sensation d'être pris pour des bleus au départ, la tâche se complique nettement par la suite, d'autant plus que chaque mauvaise réponse grignote quelques précieuses secondes au chrono ; ce qui peut représenter un sérieux handicap dans l’ultime exercice. On ne va pas tacler "Chef Mii" qui a le mérite d'introduire une première notation, mais se glisser dans la peau d'un chef d'orchestre pour remuer bêtement la tige, et suivre un tempo à la force de sa propre culture musicale synthétise parfaitement tous les défauts que l'on peut reprocher à Wii Music, qui voue d’ailleurs une haine profonde à l'échec. Même avec la plus mauvaise note de la classe, on sera récompensé d'une scène supplémentaire, d'une nouvelle musique ou de quelques instruments en plus, ce qui ne donne vraiment pas envie de forcer son talent.
Requiem pour un con En tout cas, il y a clairement tromperie sur la marchandise avec Wii Music, du moins en ce qui concerne la prise en main censée inciter jusqu’à présent le joueur à simuler les instruments à l'aide de la Wiimote et du Nunchuk. Ce qui n’est pas le cas finalement, même si on se doutait déjà que les possibilités seraient limitées avec les deux appendices de la Wii. Le professeur Sébastien, grand adepte des sons binaires devant l'Eternel, joue le rôle du trompe-l’œil en présentant les quatre configurations de base : guitare, violon, percussions, trompette. Au fil des prestations, d'autres instruments viennent progressivement se greffer autour des quatre axes principaux ; logique. Là ou ça coince par contre, c'est lorsque l'on se rend compte que les positions deviennent finalement anecdotiques : inutile donc de porter la Wiimote à la bouche par exemple pour jouer de la flûte. Même punition pour les guitares où le Nunchuk joue le rôle de la potiche de service. Les fanboys pourront toujours évoquer l'inclinaison de la télécommande qui permet de claquer des petits effets de toute façon ridicules, mais force est de constater que même avec un bras coupé et une lèvre en moins, on n'est jamais pris en défaut dans Wii Music. Au niveau des instruments, seule la batterie s'en tire à bon compte avec, on le rappelle, une Wii Balance Board que l’on peut exploiter dans le mode "Batterie" qui lui est entièrement dédié. Sans la planche de Nintendo connectée à la console, les portes restent closes, ce qui laisse entendre de façon assez autoritaire que Wii Fit est déjà à la maison ; mais bien sûr. Par ailleurs, on retrouve les éternels problèmes inhérents à la reconnaissance de mouvements, un fait rare à Kyoto. Maintenant, s'il y avait un point positif à retenir de Wii Music, c’est la marge de manœuvre laissée au joueur. Car mine de rien, Wii Music pointe un problème déjà soulevé dans les autres titre du même type, à savoir jouer un morceau à sa sauce sans que les notes supplémentaires soient considérées comme des erreurs. Respecter les décibels de base tout en arrangeant le morceau selon ses propres inspirations, un point sur lequel devraient sans doute se pencher les deux grosses productions voisines.
Les fanboys pourront toujours évoquer l'inclinaison de la télécommande qui permet de claquer des petits effets de toute façon ridicules, mais force est de constater que même avec un bras coupé et une lèvre en moins, on n'est jamais pris en défaut dans Wii Music."
Hormis les mini-games dont on a déjà parlé, Wii Music dispose d’un mode "Jouer" dans lequel on peut constituer un orchestre en deux temps trois mouvements. On se retrouve alors avec une musique, un style et un instruments choisis de façon aléatoire. Si l'accompagnement avec les profs est assez sympathique, c'est surtout en "Orchestre personnalisé" que les affaires deviennent un poil plus intéressantes. Ici, on peut non seulement choisir l'instrument que l'on souhaite jouer, mais également définir ceux qui composeront l'orchestre. On n'est pas obligé de se coltiner cinq partenaires, et il est tout à faire possible de composer un binôme chien-chat si l'envie est là ; un moment mémorable dans Wii Music, juré. Après avoir pris quelques leçons supplémentaires, on peut même arranger les morceaux selon différents genres musicaux. Il y en a 11 au total : le style électro et ses platines foireuses méritent vraiment le détour. A la fin du concert, les artistes peuvent même procéder à l'enregistrement de leur prestation, et affubler le clip vidéo d'une pochette qui fera un carton dans tous les Virgin de France. Ensuite, il sera toujours possible de les partager via le Wi-Fi pour frimer, quoiqu’il n'y pas vraiment matière à. Enfin, pour consacrer deux décibels à la playlist du jeu, Wii Music se trouve à 1 000 lieux d’un Donkey Konga beaucoup plus convaincant dans ce domaine. Même les remixes de The Legend of Zelda, F-Zero ou bien encore Mario Bros. ne feront pas trembler les élèves du Maître. Enfin, presque pas.
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